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Du droit à être lu plutôt qu’à être oublié...


S’il est une liberté qui fasse à ce point consensus tant elle fut difficile à conquérir, c’est bien la liberté d’expression. Obtenir le droit à l’exercer fut une bataille historique qui reste pourtant encore d’actualité un peu partout dans le monde. Les tentations sont grandes, y compris dans les démocraties occidentales, d’y mettre des garde-fous et des entraves. La presse en sait quelque chose, elle qui fait parfois l’objet de censures directes ou indirectes.

Internet a donné à ce droit une dimension universelle — la parole peut être portée à l’autre bout du monde, et ce pour la première fois dans l’histoire — mais a aussi permis à chacun d’exercer ce qui était réservé aux élites.

Nos élèves ne s’en privent pas, s’exprimant à tout propos qui sur des blogs ou des forums, qui sur les réseaux sociaux dont ils sont si friands.

L’exercice de cette liberté est pourtant pour eux bien périlleux. Les reproches de leur aînés ou de leurs maîtres pleuvent :
- ils produiraient des contenus de piètre qualité ;
- ils profiteraient de ce droit pour critiquer ou se moquer ;
- ils dévoileraient des pans entiers de leur vie privée sans aucune retenue ou pudeur…

Quel scandale ! Les jeunes abuseraient sans vergogne — et sans la nécessaire éducation que nous leur devons — d’un droit que nous aurions mis des siècles à conquérir !

L’enquête de Fréquence-écoles a montré que les jeunes sont, pour la plupart, capables d’une grande autonomie et responsabilité dans ce qu’ils font connaître de cette vie privée sur Internet. Néanmoins, on voudrait maintenant, en haut lieu qu’ils puissent revendiquer un prétendu droit à l’oubli numérique pour effacer les supposées traces de leurs errances ! Pourtant, qu’avons-nous fait pour prévenir ces dernières ? Le sénateur Assouline a longtemps rappelé l’abandon dans lequel nous les avons laissés…

Comment croire qu’ils puissent accepter de troquer maintenant l’un (le droit à exercer sa liberté d’expression) pour l’autre (le droit à l’oubli numérique) ?

@clemiversailles sur Twitter.

Quelques références pour mieux comprendre :
- sur Internetactu
- sur Zone de non-droit


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